lundi 30 juin 2008

François Simon haché menu !


Comme dans un bon restaurant, la présentation d’un blog est essentielle. Choisissez une police d’écriture violette qui rappelle l’élite parisienne et c’est par une note fourbe que vous accueillez votre lecteur. Ajoutez un fond pâle comme du pain de régime et la température du lieu frôle celle d’un iceberg.

Cette ambiance est celle que l’on ressent en pénétrant sur le blog de François Simon, l’immensissime critique gastronomique à la fois chroniqueur sur France Inter, rédacteur au Figaroscope et littérateur en herbe. Bref, un gars de plus qui, sous prétexte d’avoir été là au bon endroit au bon moment, se permet de distribuer de cinglantes leçons culinaires sans autre légitimité que la proéminence de son crâne que l’on dit dégarni. A cet égard, il est difficile de ne pas rire lorsqu’on découvre sur son blog : « J’ai dit à Christian Millau que je n’y connaissais rien, il m’a répondu que ce n’était pas grave, j'allais apprendre ».

François Simon est respecté par le "Milieu" car il a su imposer une vision novatrice et décomplexée de l'art culinaire. Non sans une certaine aptitude au tronçonnage, il privilégie toujours la franchise des saveurs et du cadre à la surenchère des stimuli gustatifs. C’est dans cet élan révolutionnaire que l’amateur de menus « cheap » à 80 euros décide d’ouvrir un blog en janvier 2007. Le challenge est monumental puisque le critique connaît aussi bien les nouvelles technologies que le geek moyen connaît la recette du porc aigre-doux (qui n’est pas François Simon). D’autre part, le web 2.0, communautaire par essence, apprécie peu les élites auto-proclamées et enclines à la manipulation. Nous ne rappellerons pas ici le sinistre épisode des commentaires falsifiés par un webtoutou au garde-à-vous, la bêtise de la démarche en faisant presque oublier la malhonnêteté.

Mais revenons à notre coeur d'artichaut qui s'avère dur comme de la pierre. La prose de l’écrivain a-t-elle de quoi nourrir les neurones affamés de visiteurs en mal de sensations fortes ? La réponse est non. Tout en donnant l'image d'un critique à l’élégance hautaine, François Simon propose au fil des onze pages de son blog une vision particulièrement triste de la gastronomie. Tantôt une vidéo maladroitement chuchotée qui se conclue par une note salée comme les frites qu'il affectionne, tantôt une succession de petits billets sans saveur, sans consistance, où la dictature du jugement annihile toute tentative d'argumentation, toute construction sémantique apte à faire s'évader le lecteur affamé. Et dire que l’individu s’imagine être la référence du vilain critique gastronomique dans « Ratatouille »... Encore faudrait-il qu’il en ait les capacités d’analyse...

Au fil des mots, au fil des vidéos, au fil des émissions sur France Inter, on se rend vite compte que la véritable passion de François Simon n'est pas de réinventer la critique en se pâmant devant un steak frites accompagné d'une ou deux bouteilles payées par le spectateur. C’est bien plus simple que cela. La véritable passion de François Simon, c'est François Simon lui-même, son crâne que l'on dit dégarni (si, si) et son anonymat légendaire. Ainsi, l'homme n'a pas réinventé la critique gastronomique mais l'a poussée dans de sinistres retranchements par l’association de trois épices redoutables : la manipulation, l'arrivisme et la désinvolture.

Allez, il est temps de quitter ces lieux bien peu accueillants. Je reviendrai sur le cas François Simon quand les casseroles qui suivent l’individu feront un peu moins de bruit et un peu plus de sauces. Pour l’heure, mieux vaut se recentrer sur une blogosphère culinaire plus confidentielle. D’aucuns diront que cet acharnement était aussi prévisible que le classement annuel du guide Michelin. Ils n’auront évidemment rien compris.

Son blog est ici !

Petite annonce

Compte tenu d'un calendrier chargé, je recherche un rédacteur motivé pour collaborer à la rubrique "Scalpel" à partir de la rentrée. L'ensemble des candidats est prié de se présenter le 13 Juillet 2008 devant "L'Auberge du Mouton Mort", 6 impasse de l'Escadron à Aubervilliers. Mon fidèle compagnon Koukol vous accueillera. Merci de venir à jeun.

samedi 28 juin 2008

Faut pas déconner...

vendredi 27 juin 2008

Diary of the dead : sismique !

Au début de ce blog, j’avais posté une vidéo de "Playtime" de Jacques Tati. Le film qui date de 1967 évoque notamment le voyeurisme médiatique dans lequel nous baignons actuellement. Un an plus tard, Georges Romero débutait une saga horrifique dont le dernier opus, « Diary of the dead » est sorti cette semaine. Plus qu’un génie de l’horreur, Georges Romero est un maître du symbolisme qui n’a cessé de réfléchir à la représentation que l’on se fait de soi et que l’on a de l’autre. Avec cette dernière oeuvre, il ne déçoit pas et démonte avec une implacable logique la génération internet qui « shoote » avant même de s’interroger.

C’est ainsi qu’un groupe d’étudiants en cinéma, stéréotypes usés de la série B, évolue dans un monde au bord du gouffre où la soif du sensationnel n’est jamais assouvie. Caméra à l’épaule, les personnages principaux ne sortent pas de cette obsession macabre qui consiste à représenter d’une façon grotesque les évènements qui bouleversent leurs vies. Perdant progressivement leur humanité, ils ne visent que la reconnaissance aveugle du plus grand nombre quitte à s’abreuver du malheur de l’autre, quitte à se noyer dans le flot de réalités bouffonnes diffusées sur internet.

Le scénario apocalyptique et épuré baigne dans une marre de sang médiatique, un méli-mélo informationnel où blogueurs et podcasteurs égocentriques figurent en bonne place. Utilisée plus intelligemment que dans « Rec » ou « Cloverfield », la caméra subjective précipite définitivement cette vision déglinguée d’un monde qui perd tout sens des valeurs. Dans un élan de pessimisme, chacun d’entre nous devient alors coupable, y compris les spectateurs de la salle riant de n’avoir su comprendre que Romero leur tendait un miroir, y compris votre tronçonneur conscient que le bruit insupportable de son engin ne remplacera jamais une balle dans la tête.

Pour mesurer le chaos idéologique généré par les illusions du web 2.0, « Diary of the dead » est donc un bon début. Dans le consensus mou qui nous agresse chaque jour un peu plus, l’idée de faire passer des idées simples par un propos violent est toujours aussi plaisante. Elle me rappelle la tache de sang qui décore ce modeste lieu.

jeudi 26 juin 2008

Billets sponsorisés

Retour sur un sujet brûlant ici. J'avoue que j'ai parfois hésité à rédiger des billets sponsorisés. Début avril, un gros industriel m'a proposé d'écrire une note sur les célèbres étouffes-bébés qui éliminent un nouveau-né en parfaite santé en moins de 4 minutes. Malheureusement ma note, trop connotée sexuellement, n'a pas été retenue... Mais après tout, bon Dieu, chacun fait comme il veut ! Il ne faut pas bêtement dramatiser les choix éditoriaux qui consistent à orienter un contenu pour faire du profit... Ce genre de critique est tellement français !

Quant à vendre son blog au diable, c'est une autre histoire qui n'a rien à voir avec les minables démons de la publicité 2.0.

mercredi 25 juin 2008

Des menaces ???

Je m'absente quelques jours et que vois-je dans ma boîte e-mail au retour de mon périple ? Une lettre de menace !

----- Message d'origine ----
De : XXX
À : Alex B
Envoyé le : Mercredi, 25 Juin 2008, 22h12mn 41s
Objet : connard

Fais attention, une tête de tronçonneur ça se coupe,
Bientôt c'est toi qui boiras de la soupe
L'envie de couper te passera
Et les billets de ton blog quelqu'un effacera...

F.

--

Cher ami,

Sache que si je déteste l'anonymat, l'âme des poètes me touche un peu. Évidemment, vue la qualité de ton inspiration, c'est une simple envie de vomir qui me vient. Quant à tes menaces, plus pathétiques que véritablement énigmatiques ("Alice au pays des merveilles" etc...), j'avoue qu'elles me laissent de marbre.

Si tu ne te tiens pas tranquille
J'égorgerai toute ta famille
Au moment où tu t'y attends l'moins
Je les découperai un par un.

Voilà. Comme ça, je pense que l'on est quitte. Et puis, au passage, sache que l'agression n'est rien face à la puissance dévastatrice de l'expression. Et vu ce que tu montres dans ton mail, je ne doute pas de la petitesse de ton organe...

mardi 24 juin 2008

Bravo à Feedburner pour ses outils géniaux

L'autre jour, je me suis inscrit sur Feedburner.

Rien compris.

Une bouillie de fonctionnalités mal présentées. En anglais en plus.

C'est pas faute d'avoir fait travailler mon neurone.

dimanche 22 juin 2008

Le tronçonneur des Lilas

Avec un jour de retard sur la fête de la musique (merci à Cheumeucheu pour s'être prêté au jeu).



J’suis l’tronçonneur qu’on aime pas
Le blog qui casse et qui ne regrette pas
Quelle arnaque cette blogosphère
Pas de mystère
Pour fuir l’ennui j’ai sous mes doigts
Des bons mots pour en tuer deux trois.
Et dans ce blog y a écrit
Que des gars s’la coulent douce chez Ogilvie
Pendant c'temps que j’fais l'zouave
Au fond d'la cave
Paraît qu’il y pas de sots billets
Moi j’fais des trous dans les ch’misiers.

J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des trous qui vous glacent
Des trous pas très classes
J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des petits trous, des petits trous,
Des petits trous, des petits trous.

J’suis l’tronçonneur qu’on nomme pas
Pour un bon blog, d’mandez à miss Blabla’
J’ai l’moral dans les chaussettes
C’est un peu bête
Un festival d’idées reçues
Ca finit par faire mal au cul.
Derrière les buzzzz d’argile
Se cache un regroupement d’imbéciles
Parfois je rêve, j’imagine
Des idées fines
Et Moins de thunes dans les ch’misiers
C’est les ch’villes qui dégonfleraient.

Pour laisser faire leur trou aux blogueurs d’en-dessous,
Qu’on oublie par dégoût de l’autre surtout,
La place aux canailles
Qui n’pensent qu’à la maille,
Et je reste dans mon trou à faire des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des petits trous, des petits trous,
Des petits trous, des petits trous.

J’suis l’tronçonneur pas sympa
L’art du blog fade trouvé sur Mozilla
J'en ai marre j'en ai ma claque
De ce cloaque
Je voudrais filer en enfer,
Arrêter les billets sévères.

Un jour viendra j'en suis sûr
Où j'pourrai m'évader dans la nature
J’partirai dans d’autres sphères
Plus d’blogosphère
Et si pour moi il n'est plus temps
Mry partira les pieds d’vant.

J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous.

Y a d'quoi d'venir dingue
De quoi prendre un flingue
S'faire un trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou
Un p'tit trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou
Et on m'mettra dans un grand trou
Où j'n'entendrai plus parler d’vous plus jamais d'trou
De petits trous de petits trous de petits trous.

samedi 21 juin 2008

Typologie de la blogosphère

2004, Embruns propose une cartographie de la blogosphère.



16 juin 2008, Affordance propose une cartographie de la blogosphère.




21 juin 2008, le tronçonneur propose une cartographie de la blogosphère (désolé, ma caméra est en train de rendre l'âme à la vitesse de mes pauvres victimes).



mercredi 18 juin 2008

www.jesuisunedingue.net

Saviez-vous que les blogueurs mâles sont constamment en train de se mesurer la queue et que les blogueuses femelles se complaisent dans le rôle de petites starlettes bouffées par leur propre image ? Scientifiquement, les spécialistes vous diront même que c'est comme cela que l'on détermine le sexe d'un blog. Alors que ces messieurs se limitent en général à faire fonctionner deux neurones (celui de l'attaque et celui de la défense), chez bon nombre de ces demoiselles, le weblog est l'exutoire de névroses profondes, d'un mal-être latent que la fadeur d'un billet rose est sensée apaiser.

La blogueuse du jour s’appelle Cerise, comme dans la publicité de la banque qui pastiche « Amélie Poulain ». Elle vit dans un monde merveilleux fait de jolies couleurs, de sucreries fruitées et de répugnantes régressions intellectuelles.

A défaut d'être un rat d'opéra, Cerise est un petit rat de laboratoire à examiner , tester et éviscérer avec délice. Son slogan ne s’invente pas : « To put a princess in your heart » que je traduirais par "Ta pute a une princesse dans le coeur". Désolé, mon anglais n'est pas bon...

La jeune femme est fan de Hello Kitty, Nabaztag et tout ce petit univers commercial déresponsabilisant qui s'adresse aux préadolescentes troublées par leurs premiers émois sexuels. Rien que pour cela, on peut dire que Princesse Cerise occupe le haut du panier des blogs les plus insipides.

Un jour, elle organise un concours de dessins légèrement orienté ("montrez moi que vous m’aimez, que je suis la plus gentille et la plus belle"). Le lendemain, elle rappelle avec gravité que "ce qui l’énerve le plus sur Terre, c’est l’injustice". A l'inverse, ce qu’elle cache volontiers, ce sont ses 27 printemps. Un âge qui, vous en conviendrez, se prête assez mal aux conceptions juvéniles se situant entre le stade oral et le stade anal. De là à dire que la démarche frôle la perversité...

L’aveuglement est tel que la jeune graphiste, ex-assistante dans le monde du show-biz, va jusqu'à fermer les commentaires sur son blog. On imagine la démence du processus intellectuel qui consiste à fuir tout ce qui provient du vilain monde extérieur et s'avère, de fait, potentiellement dangereux.

Des blogs de dingue, le tronçonneur en a lu un certain nombre. Mais ici l'hystérie semble poussée à son paroxysme tout en étant dissimulée avec malice. On se retrouve face à une blogueuse qui étale à longueur de billets sa vision biaisée du monde sans se soucier une seconde de ce que le lecteur pourrait en penser.

Or derrière les nounours tout roses et le verbe systématiquement sucré se cache une réalité plus morbide. Un internement psychiatrique en 2006 dont on découvrira le détail dans les archives internet et un mal-être profond que le spécialiste médical semble bien peu enclin à résoudre. Drogue ? Peine de coeur ? Viol ? Qu'importe... Cette information caviardée démontre simplement l'inepte ronron d’un blog qui se complaît dans une malhonnêteté intellectuelle maladive.

Son blog est ici.

Correspondances (rions un peu)

Je fais comme les stars, je publie les mails que je reçois.


----- Message d'origine ----

De : Caroline
à: ltdb
Envoyé le : Dimanche, 15 Juin 2008, 10h08mn 31s
Objet : Demande d'interview sur XXX

Monsieur le Tronçonneur, ou Madame la Tronçonneuse,

Tout d'abord, permettez-moi de me présenter : je fais une chronique sur les blogs [...]

Inutile de vous dire que la lecture de vos critiques de blogs m'a fort intéressée et amusée. Vu le titre, le tronçonneur, je m'attendais même à des assassinats parfois plus sanglants. En tout cas, c'est intéressant de croiser quelqu'un sur la Toile qui ne prend pas tous les blogs pour argent comptant et qui ne confond pas la blogosphère avec le pays des Bisounours.

Auriez-vous la gentillesse de vous prêter à une interview avec moi, en direct et par téléphone [...] ?

Etant donné vos activités sanglantes sur le web, j'imagine que vous tenez jalousement à votre anonymat? En ce qui me concerne, cela ne pose aucun problème, on vous appellera le Tronçonneur. A moins que votre voix ne soit très connue et que vous ne craigniez d'être ainsi reconnu...

[...]

Bien cordialement

Caroline

----- Message d'origine ----

De: ltdb
à: Caroline
Envoyé le : Lundi, 16 Juin 2008, 10h13mn 37s
Re : Demande d'interview sur XXX

Bonjour Madame,

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ce blog et tenais à m’excuser pour cette réponse tardive.

Victime d’une brûlure de la quasi-totalité du larynx suite à une négligence familiale, j’ai perdu l’usage courant de ma voix durant la petite enfance et ne m’exprime désormais plus que par onomatopées simples. De ce fait, je ne suis malheureusement pas en mesure de répondre favorablement à votre sollicitation radiophonique. Séjournant avec ma famille dans une caravane située dans la forêt de Blèrzy (Picardie), il m’était de toute façon très difficile d’accéder à un poste téléphonique de qualité pour réaliser cette interview.

Je reste néanmoins à votre disposition écrite si vous avez la moindre interrogation sur la démarche de ce blog.

En vous présentant mes respectueuses salutations, je vous prie d’agréer, Madame Caroline, l’expression de mes sentiments distingués.

--
Le Tronçonneur de Blogs.


----- Message d'origine ---
De: Caroline
À: ltdb
Envoyé le : Mardi, 17 Juin 2008, 17h13mn 37s
Objet : RE : Re : Demande d'interview sur XXX

Monsieur le tronçonneur-de-blogs-et-de-radios,

Comment vous remercier pour votre réponse émouvante? Nous regrettons vos coquetteries, mais j'avoue qu'elles nous ont tout de même bien amusées, donc mille mercis!

Bonne continuation

Bien cordialement

Caroline

PS : surtout, ne laissez pas votre famille vous brûler le bout des doigts, ce serai dommage...



----- Message d'origine ---
De: ltdb à Caroline
RE: Re : Re : Demande d'interview sur XXX

Ma chère Caroline,

La façon la plus simple de me remercier serait de passer nous rendre visite dans la caravane familiale de Blèrzy. Mes six frères et Papy seraient ravis de vous attacher consacrer toute l'attention que l'on doit à une personne de votre dimension médiatique.

J'avoue avoir été un peu désappointé de découvrir que la brûlure de mon larynx vous a fait sourire. Pour l'avoir expérimenté, je comprends néanmoins le plaisir qu'il y a à mélanger de la soude caustique au lait du jeune enfant qui boit son petit déjeuner.

Sachez enfin que je ne tape pas moi-même mes textes. En effet, j'ai perdu toute sensibilité au bout des doigts (des doigts seulement) suite à diverses brimades de nature électrique qui ont eu l'avantage de forger mon caractère. J'ai réussi à dresser une jeune touriste égarée pour taper sur le clavier, que je rémunère en nature.

Encore une fois, je me tiens à votre disposition si vous souhaitez faire un reportage de l'extrême dans notre belle forêt de Blèrzy.


Cdlt,


ltdb

mardi 17 juin 2008

Le buzzomètre à zéro

Zut, hier soir, je me suis rendu compte que Damdam m’avait pris de court. Ce dimanche, le créateur de Blog-it Express critiquait avec virulence le buzzomètre. Pas le baisomètre hein (si les objectifs sont les mêmes, les moyens diffèrent légèrement). Le buzzomètre, ce billet thématique réalisé chaque mois par Mry et qui fait référence dans le petit monde du web 2.0. En gros, l’idée est d’évaluer à intervalles réguliers l’activité des agences qui créent du buzz commercial sur Internet.

Bon, je ne reviendrai pas sur la valeur de ces activités qui, en substance, ont vocation à vendre de la camelote aux internautes. Certains s’extasient devant ces nouvelles techniques marketing qui réinventent soi-disant la relation entre clients et prescripteurs. Concrètement, qu’on réunisse 20 blogueurs dans un bar à putes ou qu’on leur envoie des yaourts, le résultat est le même : faire du chiffre. Passons aussi sur la critique de Damdam qui considère que l’évaluation compare sans distinction agence RP, agence marketing généraliste, agence spécialisée dans le buzz...

Par contre, il y a un truc vraiment très con, tellement con qu’on se demande même pourquoi tant de gens sacralisent et relaient le billet. Mry travaille pour Ogilvy, une des agences qu’il évalue. Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’Edouard Leclerc de proposer au public une grande base de données qui compare les prix des supermarchés ? Est-ce qu’il viendrait à l’idée de notre cher président Sarkozy de sélectionner les journalistes qui l’interrogent ? Bon Ok, les exemples ne sont pas bons... Mais vu le mode de fonctionnement du bonhomme, c’est quand même une sacrée manipulation d’informations, un sacré tour de passe-passe, que d’arriver à être à la fois un évaluateur reconnu et un évalué brillant. Prland et Dambricourt peuvent être fiers.

Au final, ça n’a cependant pas l’air de choquer grand monde. Alors tant mieux. Chapeau bas l’artiste. Et merci.

lundi 16 juin 2008

Effets indésirables des blogs : le nouveau scandale

Le rapport scientifique des 20 experts grolandais est accablant et installe le doute.

Humeur du dimanche soir



Chaque dimanche soir, je lustre avec frénésie ma tronçonneuse. L'idée est de la faire briller avant le prochain dépeçage.

Je déteste lire les quantités astronomiques d'ineptes billets que les blogueurs tronçonnés ou tronçonnables éditent à longueur de journées, à longueur de tweets exhibitionnistes. Ils polluent le champ des possibles par leurs pensées vides de contenu et de sens alors que le monde s'effondre sous leurs yeux.

Je sais de quoi sera faite cette semaine : de médiocres états d'âme, d'insipides inspirations du moment, de verbeuses réflexions politiques, de vidéos de pop-corn claquant entre quatre téléphones.

Alors, je tronçonnerai encore et encore. J'aurai du sang sur les mains et le sourire aux lèvres. La nature, elle, continuera son oeuvre.

samedi 14 juin 2008

Des neurones et des skyblogs

Top 10 des blogs à éviter selon Vanch'

Je vous propose de (re)lire le top 10 des blogs à éviter selon Vanch'.

Ce qui est incroyable, c'est que ce tranchant billet date d'octobre 2006 ! Il révèle à lui-seul un ras-le-bol qui dure déjà depuis si longtemps dans la blogosphère ! Sa liste, toujours d'actualité, évoque un certain nombre de blogs particulièrement horripilants et bruyants : Thomas Clément, Monputeaux, Miss Blablabla et d'autres déjà tronçonnés ici...

En 2008, le combat continue !

jeudi 12 juin 2008

Pour Monsieur Dream, tapez 1

"- Tu vas pas tronçonner Monsieur Dream quand même ?!
- Oh ben si, ce serait dommage de passer à côté d'une chair si tendre...."


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Comment Monsieur Dream est-il devenu si populaire ? Si l’on en croit la légende, que dis-je le mythe, le jeune homme serait sorti de l’anonymat en 2007 grâce à une ingénieuse opération de stickers. L’idée était d’envoyer gratuitement à tous les lecteurs qui le souhaitent des autocollants de son cru. La réalité, bien sûr, est moins féerique. Si l’opération a bien eu lieu, ce n'est certainement pas elle qui a permis à l'apprenti G.O. de faire son trou.

Le miracle se nomme plutôt... LL5M (Loïc Le Meur Moi-Même Maître du Monde) ! Au mois de juillet, le grand prêcheur de la révolution numérique 2.0 ne trouve rien de mieux à faire que d’organiser la Blogakademy, adaptation douteuse de l’émission poubelle de la télévision hertzienne. C’est précisément cette opportunité que le jeune blogueur saura saisir pour se faire connaître.

Sans ce coup de dés provoqué par la clique influente, Cyprien serait toujours noyé dans la masse de BD-blogueurs prêts à vendre père et mère pour être reconnus. Comme au temps de son premier blog "Packt like sardines in a crushd tin box" (fermé pour raisons légales), il s'acharnerait à gribouiller ses dessins dont l’humour endormi et le trait vaguement carré se rapprochent invariablement de l’oeuvre d'un lycéen boutonneux en mal de reconnaissance.

Notez cependant que la comparaison dermatologique s'arrête là. Le blogueur, du haut de ses 18 ans (19, 20 ?), est loin de collectionner les vilains boutons d’acné qui caractérisent l’essentiel de la production hormonale de ses congénères. C’est même son apparence candide, inconscient hommage à la beauté crasse prostituant nos médias, qui constitue l'essentiel de son talent : visage rond et malicieux, traits lisses, yeux clairs capables de déniaiser les blogueuses les plus asociales, dynamisme 4X4 à faire pâlir un commercial porte-à-porte... Autant d'atouts starifiants qui dissimulent avec fracas l’indigence de la plupart de ses créations artistiques.

Ce fait a d'ailleurs rapidement été intégré par le blogueur qui, le temps d'installer sa popularité, décida de ranger dans sa trousse ses pastels fatigués. A cette occasion, la démultiplication de sa propre mise en scène au travers de podcast aura au moins eu le mérite de démontrer l'incroyable capacité de la blogosphère à tomber dans le piège de la pure séduction médiatique. Et que le parvenu ne répète pas inlassablement que ce qui compte pour lui est "l’aspect créatif du billet". Rarement un blogueur n’aura cumulé autant d’affligeantes ficelles audiovisuelles pour construire un si prestigieux parcours.

Elevé par Loïc Le Meur (qui, comme toute chose, l’a par la suite abandonné) et admirateur du consultant en communication Vinvin, le fan de jeux vidéos n’avait évidemment pas les armes pour éviter le mur épais de l'ultra-conformisme.

Mais qu’importe, Monsieur Dream a atteint les sommets du starblog-system d'un musical claquement de mains. Il fait désormais partie de cette étonnante communauté de blogs (influents, populaires, fatigants, choisissez le terme qu’il vous plaira) qui n’a qu’à éternuer trois bêtises pour recueillir 58 commentaires dithyrambiques réinventant avec talent l'art du monosyllabe.

Comme toute jolie histoire se termine par une happy-end, rappelons que le jeune homme, non content d'avoir trouvé un job dans le catalogue "20 minutes", a réussi l'exploit de diffuser régulièrement chez Presse-Citron le fruit de sa graphique mais terne inspiration.

Son blog est disponible ici !

Le tronçonneur évoqué sur France Info

La chronique de David Abiker est disponible ici. L'âme humaine est décidément bien pervertie.

mercredi 11 juin 2008

Appel à la réflexion d'une contre-blogosphère (2)

Je place cette demande au début du billet : si vous êtes graphiste et que vous avez compris le principe de la contre-blogosphère, n'hésitez pas à proposer un logo susceptible de fédérer les blogs qui ne se reconnaissent pas dans cette blogosphère bien pensante, redoutablement moutonesque et menée par quelques starlettes formatées pour brider la diversité que l'on serait susceptible d'attendre d'un tel outil.


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Suite au billet évoquant l'idée d'une contre-blogosphère, les réactions ont été nombreuses et variées. En synthèse, les blogueurs ayant participé à la conversation ont conscience du conformisme idéologique qui gangrène une partie bruyante de la blogosphère. Cependant, ils redoutent légitimement que cette idée de "contre-blogosphère" aboutisse à un pouvoir alternatif générant ses propres effets pervers.

J'aimerais simplement clarifier un point. Il ne s'agit pas ici de se placer avec dédain au-dessus de la mêlée mais au contraire de fédérer une base alternative forte. Cette démarche implique beaucoup de responsabilités et assez peu de privilèges si ce n'est celui d'être moteur d'une blogosphère qui donne une valeur très forte au contenu qu'elle propose.

Exit donc le train-train des commentaires d'autosatisfaction, des billets désinvoltes et sans saveur, des copinages divers, des classements et autres blablas purement égotiques, des soirées "bobo" parisiennes qui ont pour principal objectif de faire passer le temps. Place à une blogosphère responsable prête à s'engager sur des idées aussi fortes que diverses, à se mobiliser collectivement face aux nouvelles techniques de manipulation de l'information, à se fédérer autour de principes clairs redonnant ses lettres de noblesse au blogging. Tout celà, bien sûr, dans la préservation d'un dialogue riche et respectueux où tous les points de vue auront leur place.

En attendant la suite, n'hésitez pas à participer au débat, avec véhémence s'il le faut mais toujours dans un objectif constructif !

mardi 10 juin 2008

DélicéO ou l'avantage d'être grotesque

Voici une note croustillante qui dénonce les manipulations grotesques des grandes marques expérimentant la technique marketing du "buzz". Il s'agit ici de faire la promotion d'un produit alimentaire aux caractéristiques douteuses.

On lira surtout les extraits pathétiques de billets de blogueuses prêtes à pervertir leur espace personnel pour gagner un concours. C’est tellement énorme que cela a l’avantage d’être drôle mais gare à l’évolution pernicieuse de ce genre de moeurs.

Ce billet évoque enfin la différence d’attitude entre la blogosphère mâle et la blogosphère femelle. Une idée qui mériterait d’être développée tant les hormones conditionnent les choix éditoriaux des uns et des autres.

lundi 9 juin 2008

Morandini, champion des votes Wikio


De la petite quinzaine de billets qui annoncent la vente du FAI Alice sur Wikio, c'est bien sûr le blog de Jean-Marc Morandini qui se démarque ce jour avec 24 votes pour son article !

Quelle est la valeur ajoutée de ce billet par rapport aux autres, parfois plus complets, qui ne récoltent souvent aucun vote ? Eh bien, il n'y en a pas ! Le webzine se contente de répéter platement ce qui est écrit dans de nombreux journaux.

Nous n'irons pas plus loin dans l'analyse et n'évoquerons pas l'éventualité d'un ou plusieurs stagiaires morandinesques chargés de forcer les votes en contrepartie d'une ligne supplémentaire sur leur CV. Ce serait de la diffamation.

Voila en tout cas un bon exemple qui permet de démontrer que le système de vote Wikio est encore loin, très loin de favoriser l'émergence des billets ayant une réelle valeur ajoutée par rapport à "la masse"...

Free acquiert Alice selon La Tribune

Free acquiert le Fournisseur d'Accès Internet Alice pour 800 millions d'euros selon La Tribune.

Autant vous dire que les claviers des blogueurs High-Tech vont faire chauffer Wikio demain matin à l'aube. Phénomène à surveiller (ou pas).

samedi 7 juin 2008

L'anonymat selon Aphatie (et Framboise)

En voyant cette vidéo, je n'ose imaginer ce que Jean-Michel Aphatie pense des blogs anonymes ! Le fait est qu'en littérature le pseudonymat a souvent été un moyen de se protéger contre les élites en place. Celles-là même qui, du bout d'un doigt rageur, sont capables de recourir aux pires moyens pour stopper une démarche qui leur serait fatale.

Et effectivement, ce dont évite consciencieusement de parler Jean-Michel Apathie, c'est du contenu du livre de François Mitterand 2007. Celui-ci met notamment en cause les choix arbitraires du journaliste, sa malice populaire qui cache une collusion bien réelle avec bon nombre d'hommes politiques... On comprend alors mieux le geste de dédain qui consiste à jeter les arguments de l'accusation à la poubelle.

Indépendamment de cette affaire, Jean-Michel Apathie semble perdre pied à force de multiplier ses activités audiovisuelles. Sur son blog, à Canal + et même à la radio, le verbe précis et piquant qui fit son succès se fait plus rare, laissant place à de simples coups de gueules largement emballés par une diction grossièrement mise en scène. Il devrait lever un peu le pied (ou prendre de la distance par rapport à l'image qu'il renvoie).

vendredi 6 juin 2008

Thierryl, un blogueur face à la mort

Le dernier billet de Gilles Klein laisse un goût amer dans la bouche. Il évoque le blog d'un français gravement malade qui n'a plus que quelques mois à vivre.

Y a-t-il de la noblesse à évoquer ainsi ses derniers mois de vie, à décrire ses peurs et ses souffrances morbides quotidiennes, à exprimer ses ultimes bonheurs familiaux ?

Cette volonté soudaine de s'exprimer n'est-elle pas le miroir d'une société schizophrène qui sacralise la mort au point de tomber des nues quand celle-ci vient soudainement frapper à la porte alors qu'on était consciencieusement en train d'ériger un royaume de papier ?

Je vous laisse seul juge. L'homme ne demande pas de pitié. Il n'en aura pas.

Appel à la réflexion d'une contre-blogosphère

Il y a quelques années, tous les spécialistes affirmaient que les blogs constituaient une révolution médiatique. Le discours était unanime : chacun allait avoir droit à la parole, les débats de fond allaient se multiplier, l’information se diversifier. Aujourd’hui, l’heure est au constat. Communiquer grâce son blog est un chemin de croix : beaucoup de rédacteurs éditent des billets sans le moindre retour. Malgré la bonne volonté de plusieurs dizaines de milliers de blogueurs talentueux, une poignée monopolise sans légitimité le devant de la scène car ils maîtrisent les bases techniques visant à faire grimper mécaniquement leur audience.

Les stratégies sont aussi nombreuses qu’intéressées : linker régulièrement les bons blogs, y poster des commentaires, s’acoquiner autant que l’on peut, choisir des sujets bankables, côtoyer les bons milieux, les bonnes réunions. Reproduire à grande échelle et dans un objectif de productivité ce que de nombreux petits blogueurs réalisent avec le minuscule cercle de rédacteurs qu’ils apprécient. Dans ce cadre strict, le contenu devient purement accessoire. Il n’y a qu’à constater le nombre incroyable de commentaires sur des blogs influents éditant des notes sans originalité.

Alors il y a deux solutions. Soit tous les blogueurs, dans une volonté désespérée d’existence, adoptent ces techniques productivistes et la blogosphère se limite à être le théâtre d’une course à l’audience. Les effets pervers articulant les médias traditionnels sont reproduits (surexposition des annonceurs, nivellement des contenus vers le bas voire contenus au service de la publicité, copinage entre blogueurs/ annonceurs/pouvoirs). Soit les blogueurs s’organisent d’une façon responsable et préservent la noblesse légitime que l’on peut attribuer au nouveau média de masse. Toreador propose par exemple une contre-blogosphère. L’idée est séduisante mais demande de la réflexion. On peut en tout cas imaginer un cercle de blogueurs à contre-courant qui s’engagerait de façon responsable dans un serment (évitons le mot « charte » qui a perdu son sens) :

Les principes pourraient être les suivants :

- Réaliser un contenu de qualité impliquant de l’étude et de la réflexion, ne pas se contenter d’être un RSS humain.
- Favoriser la promotion de liens originaux, fruit d’un engagement personnel et responsable, non motivé par le copinage.
- Proposer des commentaires à valeur ajoutée et non se limiter à exprimer la platitude d’un sentiment ou d’un constat.
- Ne pas céder aux effets de masse qui pervertissent l’originalité d’un contenu
- Refuser au maximum la publicité car la dimension de séduction nuit au contenu objectif du blog.
- Favoriser et promouvoir une organisation de la blogosphère qui aille dans le sens de la qualité (par des portails qualitatifs, des outils...).
- Favoriser la promotion de la diversité des contenus en évitant de parler des blogs susceptibles de monopoliser le devant de la scène.
- ...?

Cette contre-blogosphère pourrait s’articuler autour d’un logo. On pense forcément à celui qui identifie les « blogs certifiés non-influents » mais avec une dimension de responsabilité beaucoup plus forte. Point essentiel : il faudrait également éviter que ce mouvement ne soit le simple mouton blanc au milieu des requins. Pourquoi ne pas réaliser des actions coups de poing contre des comportements intéressés, favoriser les pamphlets pour réveiller une blogosphère anesthésiée, recourir au ton polémiste (mais justifié) tellement redouté par les élites influentes. En tout cas, s’inscrire dans une logique militante de défense, de valorisation et de diversification pure de l’information. Aux armes comme dirait l’autre ! N'hésitez pas à relayer le sujet, le critiquer avec véhémence ou le promouvoir mais en tout cas y réfléchir !

C'est officiel, Morandini énerve les blogueurs

C'est officiel, le blog de l'animateur Jean-Marc Morandini, premier au classement wikio de juin (catégorie divers) et récemment récompensé par le magazine Challenges, énerve quelques barons.

Par contre, certains d'entre eux devraient tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler parce que leurs propos virulents (haineux ?) finissent à la Une de magazines nettement plus institutionnels. Ou comment confondre note d'humeur et journalisme responsable.

Versac s'emporte contre Morandini sur Twitter



Ce qui confirme que Versac n'est pas clair dans sa tête.

jeudi 5 juin 2008

L'Antiblog

Comme quoi je ne suis pas le seul à m'engager politiquement dans cette guerre.

Cela n'empêche que l'Antiblog n'a strictement aucun intérêt. C'est à se demander pourquoi certaines personnes payent un nom de domaine pour ça. Cela relève peut-être de la pataphysique. L'individu s'est créé un profil Technorati. Ne cliquez pas, vous risqueriez d'être le 666ème visiteur.

Classement des meilleurs blogs par Challenges : on prend les mêmes et on recommence

Ce matin, France-Info évoquait la Une de Challenges. Le magazine présente actuellement un classement des meilleurs blogs français. Enfin une enquête qui dépoussière la blogosphère ? Pas du tout ! Les blogueurs qui sont cités par le journal sont les éternels barons autoproclamés, décidément indéboulonnables !

En réalité, ce classement n’est que le résultat d’un partenariat avec le portail... Wikio ! Autant dire que l’investigation journalistique est à son paroxysme. Cela expliquerait pourquoi Pierre Chappaz, le créateur du portail, est à la Une du magazine alors que son blog, 9ème du classement Wikio, est bien loin d’occuper une place prépondérante dans la blogosphère.

Tout cela a le don d’énerver VinZ qui résume remarquablement cette situation ubuesque et en profite pour dévoiler la médiocre audience du blog de Pierre Chappaz.

mercredi 4 juin 2008

Le précieux temps du blogueur

Il est amusant de voir que ce billet fait écho à celui-ci. Les blogueurs influents seraient-ils dans un espace-temps différent du nôtre ? Non... Il est même plutôt naïf d'imaginer que la capacité à être en haut des classements dépend du temps que l'on passe devant son blog. Les stratégies sont tout autres.


Romain Libeau : retour sur un buzz qui tâche


Je n’avais pas pris conscience de la violence des commentaires laissés chez Romain Libeau suite à l’aveu de la vente factice de son blog sur E-bay. C’est d’une immense naïveté de la part des lecteurs de dramatiser de la sorte un canular aussi crétin. On parle de foutage de gueule, de perte de crédibilité, de manque de respect... Mais qui sont les vrais coupables dans l’histoire ? D’un côté, un blogueur aux dents longues qui relayent régulièrement des soirées d’agence et lance un énaurme buzz pour se faire connaître. De l’autre une quantité incroyable de lecteurs passifs qui tombent dans le piège tendu et relayent bêtement l’information.

Dans quelques années, je ne doute pas que la blogosphère soit amenée à devenir une immense bulle de mensonge où les prescripteurs les plus influents seront largement récupérés et manipulés par les annonceurs. Que diront ces mêmes lecteurs lorsque les deux tiers des articles qu’ils auront sous les yeux seront de faux billets d’humeur à la faveur de telle ou telle produit ? Cette prédiction est d’autant plus inquiétante que je ne crois pas en la franchise d’une relation entre blogueurs et publicitaires. Dans le contexte actuel où les entreprises sont des machines de guerre et les clients de sages moutons, nous restons dans une logique de séduction pure qui nuit considérablement à l’évaluation objective des qualités intrinsèques du produit.

Le plus dramatique reste que blogueurs et publicitaires poursuivent et amplifient cette relation larvée où le client (ou son prescripteur) s’imagine être le roi alors qu’il n'est qu'une simple vache à lait.

La reproduction des blogueurs

Voici la démonstration scientifique que les blogueurs sont peut-être une espèce en voie d'extinction. Un soulagement.

mardi 3 juin 2008

Jean-Michel Aphatie n'écrit rien : 828 commentaires !

Ce qui est très très fort de la part de Jean-Michel Aphatie, c'est de faire un billet pour dire qu'il n'a absolument pas le temps d'écrire et de récolter... 828 commentaires ! Ça c'est de l'influence !




Blog du jour : Eustache de Saint-Phalle (parodie de Blogonautes)


Je crois que c'est le blog des ballons qui a été la goutte d'eau. Chez Blogonautes, ils sont gentils avec leur "blog du jour" mais parfois c'est limite neuneu...


>>Blog du jour : Eustache de Saint-Phalle<<


- Qui es-tu ?

J’ai 18 ans, je m’appelle Eustache de Saint-Phalle. Après le meurtre de mes parents, j’ai passé toute mon adolescence dans un orphelinat de cisterciens sous le pseudonyme « Phallus ». C’est là que j’ai appris à évaluer la gravité du péché, l’importance de la pénitence et la franchise des rapports de camaraderies. Après l’obtention d’un BEP en pâtisserie, je me suis naturellement orienté vers le dépeçage d’animaux morts.


- Quand as-tu commencé à bloguer et pourquoi blogues-tu ?

J’ai commencé mon blog à 15 ans afin de contenir mes pulsions sexuelles. L’objectif était de retarder l’imminence de l’apocalypse et de sauver l’âme perdue de mes lecteurs. Avec l’âge et la maturité, ce blog est devenu un simple passe-temps à la gloire du Christ.


- Que trouve-t-on sur ton blog ?

Je propose différentes techniques visant à torturer silencieusement des bébés. Vous trouverez également des recettes à base d’excréments (je me suis librement inspiré de « Papilles et Pupilles »). En outre, ce blog se veut un lieu d’échange où chacun est libre de s’exprimer si c’est pour aller dans mon sens.


- Quels sont tes blogs préférés ?

Je n’ai pas de blogs préférés. Le péché est omniprésent dans la blogosphère. Il faut sans cesse s’asperger le dos d’acide chlorhydrique pour en ressortir pur. A la rigueur, j’apprécie la modestie du tronçonneur de blogs...


- Quelles nouvelles évolutions aimerais-tu voir arriver sur les blogs ?

Je souhaiterais que les blogs de filles soient interdits pour raisons psychiatriques. Je souhaiterais également qu’une partie plus importante de la blogosphère soit consacrée à la célébration du Christ. Je suis également favorable à une utilisation exclusive de l’Araméen dans la blogosphère. A part ça, je crois qu’il faudrait interdire l’électricité.

lundi 2 juin 2008

Blogosphère, sondage et propagande

Je ne connais pas la méthodologie précise ce sondage. Mais oser dire qu’un blogueur sur trois « tire des revenus, même succincts, de son activité d’éditeur de blogs », c’est au mieux complètement crétin, au pire mensonger.


Voici encore un prestataire qui a brillamment tiré les grandes conclusions que son client souhaitait entendre. "La blogosphère se professionnalise", "La blogosphère s'ouvre aux marques" : ça sonne si bien que l'on croirait que c'est vrai !

En réalité, l’article tout entier se vautre dans une subjectivité à la gloire de la publicité que ses pourcentages (à une décimale près) ont bien du mal à voiler. Qui, aujourd’hui, pourrait tirer de telles conclusions concernant les objectifs de dizaines de milliers de blogs francophones actifs ? Certainement pas un cabinet de spécialistes ayant interrogé... 266 blogueurs triés sur le volet.

dimanche 1 juin 2008

Les 12 point-clés pour devenir influent : la bonne traduction

Après ebuzzing, il était important que le tronçonneur de blogs donne la véritable traduction des 12 points-clés caractérisant un blogueur influent.

Le blogueur « successful » serait donc :

1. Creative and Playful
Joueur et irresponsable

2. Innovative
Expert en stratégies 2.0

3. Connector
Coopté et cooptant

4. Community Enabler
Démagogique

5. Information Mavens
Manipulateur d'idées

6. Communicator
Racoleur

7. Interest
Intéressé

8. Entrepreneur
Arrivistes

9. Originality
Hors des réalités

10. Perseverance
Butté

11. Focus
Obnubilé

12. Curiosity
A l'affût du moindre buzz

Coup de coeur : Emmanorexie !





Putain de blogueuses anorexiques décharnées. Rien à se mettre sous la dent. Un coup de tronçonneuse et c’est directement l’os qui casse. Emmanorexie ne déroge pas à la règle. Depuis septembre 2007, la gamine de 15 ans consacre l’essentiel de son talent à nous vomir avec indécence ses problèmes à la gueule. Le succès de son blog prouve que beaucoup de lecteurs prennent un malin plaisir à ouvrir grand la bouche.

Loin de se limiter au culte d’Ana, déesse déglinguée de la beauté, l’adolescente évoque ses attraits pour l’automutilation, sa haine pour les mecs dont elle est boulimique, ses rapports avec sa mère destructrice, ses soirées alcoolisées. Ne cherchez pas le glucose qui édulcore bon nombre de « blogs de filles » formatées Disney. Ici, l’hémoglobine, le sperme et la merde remplacent la dernière crème de nuit et la recette du café gourmand. La provocation est un leitmotiv, l’exhibitionnisme un plaisir renouvelé à chaque instant.

Emmanuelle se donne une petite année avant de disparaître complètement. C’est l’avantage des pro-anas pures et dures qui rabougrissent jusqu’à faire 24 kilos et mourir dans la puanteur d’un lit souillé. Elle est belle la jeune fille qui fait attention à sa ligne comme c’est conseillé dans les magazines. Elle a raison de passer des soirées entières à chercher sur le net des techniques permettant de vomir trois morceaux de salades coincés dans un estomac ravagé.

Vu l’évolution des billets, une happy-end ne devrait d’ailleurs pas tarder. Au fil des mois, la blogueuse, également modératrice du cimetière d'ana, est passée d’une réflexion froide de petite anorexique haineuse à une prose machiavélique où la volonté de destruction écrase tout sur son passage.

Le lecteur vicieux se délectera d’un tel spectacle, de l’exquise description des troubles qui hantent l’adolescente, de ses indécents états d’âme de sexe et de sang, à mi-chemin entre le fantasme et la réalité. Emma s’est faite violer, Emma se griffe les joues et les bras, Emma passe des soirées à vérifier la fermeture d’un verrou de salle de bain, Emma se drogue pour mieux jouer les putes avec ses copains. Mieux que Martine à la plage : la petite Emma ose toutes les positions et elle aime ça.

Le tronçonneur aurait aimé le contraire.