samedi 31 mai 2008

Blogger n'aime pas les handicapés, moi non plus.

vendredi 30 mai 2008

Affaire Fourniret : exemple de troll

Michel Fourniret a été condamné à la prison à perpétuité pour le viol et le meurtre de sept jeunes adolescentes. Il s’est comporté comme un voyou tout au long de son procès. Dans la blogosphère, une infecte idée de troll serait de se scandaliser contre la cabale médiatique orchestrée contre l’individu, de dénoncer avec véhémence les réactions de dégoût manifestées par les français, de laisser de côté la profonde animalité du personnage. Tiens, on pourrait même intituler le billet « Soutien à Michel Fourniret » pour bien chauffer à blanc les esprits .

Eh bien ce billet existe. Il est consultable ici.

Pour revenir à la raison, voici un petit hommage aux victimes avec une exquise chanson de Serge Gainsbourg.

Marilou Sous La Neige - Serge Gainsbourg

jeudi 29 mai 2008

Messieurs les annonceurs

Par ce billet, je tenais à remercier les quelques annonceurs qui m'ont contacté ces dernières semaines pour me proposer leurs services. Un process a été mis en place à leur attention afin de gérer d'une façon optimale ces types de sollicitation. Pour toute information, merci de bien vouloir cliquer sur le lien prévu à cet effet dans la colonne de droite.

Je reste bien évidemment à votre disposition pour toute question complémentaire.

Un bon blogueur est un blogueur mort

Voici un site institutionnel qui a sa place sur ce blog. Ils sont si jeunes et si mignons. Fauchés en plein vol.

:)

mercredi 28 mai 2008

Docteur Rejault et Mister Ron

Ron est un écrivain talentueux. Il sait parfaitement restituer l’ambiance morbide qui règne dans les hôpitaux. Chaque nouvelle est une source d’émotions, une occasion de sonder un peu plus la profondeur de l’âme humaine. Le succès du blogueur a été d’autant plus rapide que les thèmes qu’ils abordent correspondent précisément aux phobies de notre société.

Seulement voilà, Ron est instable. La magie qui ensorcelait ses premiers billets se fait de plus en plus rare. Elle laisse place à une enfilade de notes aux accents de piètre journal de bord. Ce qui intéresse désormais William Rejault est aux antipodes de ce qui fit le succès de Ron l’infirmier. En quelques mois, le génie littéraire s’efface devant de vagues potins people, l’analyse incongrue des séries télés court-circuite tout un univers romanesque et les photos de voyage s’imposent comme autant de chapes de plomb... Il est loin le temps où l’infirmier consacrait ses journées aux malades décomposés et aux chirurgiens acariâtres. L’heure est à la maison de retraite dont les anecdotes sont nettement moins palpitantes.

Conscient de son évolution personnelle et médiatique, Ron annonce un beau jour qu’il arrête son blog. Cette décision arrive juste après la parution de son premier livre qui occasionnera une bruyante promotion. Certains se demandent alors si le blog n’était pas le simple coup marketing d’un individu déjà bien intégré dans le monde des médias. D’autant plus qu’il avouera peu après être rédacteur occasionnel du magazine Voici. Le mythe du petit infirmier qui s’est fait connaître grâce à son talent s’effrite.

Ses multiples déclarations ne l’empêcheront pas de poursuivre son travail sur Internet. Non seulement, son blog historique ne disparaît pas mais il accepte d’être l’auteur d’un nouvel espace personnel sur Lepost.fr. Le coup de grâce. En prétextant « repartir de zéro », l’auteur tente tant bien que mal d’alterner people et littérature. Le résultat est grossier et bon nombre de lecteurs se demandent où est passé le « vrai » Ron. Il y a bien ça et là quelques perles littéraires mais la majeure partie du blog est consacrée aux paillettes et aux buzz du moment. Pire, l’auteur fait preuve de maladresse lorsqu’il tente une nouvelle qui ne se situe pas directement dans son milieu de travail.

Nous en sommes là. Ron travaille non sans difficultés sur son second livre et le virage risque d’être difficile à négocier. L’éditeur lui-même décèle un changement. L’avenir nous dira quelle part de l'individu prendra le dessus.

Son blog est consultable ici.
Son second blog est consultable .

mardi 27 mai 2008

Cherchez l'arnaque (concours TechCrunch)

Amusant concours de TechCrunch qui promeut une fois de plus le service Seesmic. Foncez ! Il y a un eee-PC en plastique à gagner !

Google, tronçonneur de blogs

Voici une news qui me fait honte d'être hébergé chez Blogger, filiale de Google. Comme si le géant américain ne pouvait pas se passer de ce genre d'action liberticide.

lundi 26 mai 2008

"Ce lien qui nous unit"

Voila un titre de blog qui a de la classe ! C'est signé Monsieur Tcheky Karyo.

Bon, là où le bât blesse, c'est que ce lien si précieux n'a pas tenu 15 jours.

Ou comment le syndrome du blog avorté contamine toutes les couches d'une population.

Ginisty et le challenge du Modem

A une époque, Christophe Ginisty était considéré comme un Loïc Le Meur Bis dans la blogosphère. Brillant chef d’entreprise, il est notamment le fondateur de Pointblog, Netizen et le festival de Romans. Aujourd’hui, l’homme lance un blog coopératif en tant qu’élu d’opposition au conseil municipal d’Issy-Les-Moulineaux, sous l’étiquette Modem...

Il faudrait que quelqu’un le previenne que ce parti n’est qu’une puissante machine à la gloire du présidentiable Bayrou, sans la moindre ligne directrice. En témoigne le blog officiel du mouvement qui étale des photos du « Che » à longueur de billets. En témoigne aussi la précipitation avec laquelle ont été constituées les listes du parti lors des dernières élections.

Alors l’action des élus d’opposition du Modem à Issy-Les-Moulineaux, franchement on s’en...

dimanche 25 mai 2008

Avec mes respects

Après cinq mois de bons et loyaux services (si, si...), je profite de ce calme dimanche soir pour remercier l'ensemble des lecteurs qui m'ont apporté, d'une façon ou d'une autre, leur soutien. J'espère que les autres seront convaincus que ce lieu n'a pas pour vocation de dénigrer les personnes mais de faire réfléchir sur les contenus... avec un brin d'humour !

Je vous souhaite une excellente semaine et vous donne rendez-vous prochainement pour un nouveau tronçonnage (en règle) !

samedi 24 mai 2008

Edouardo, chronique d'une faillite intellectuelle

C’est en 1995 qu’Edouardo Pisano devient célèbre grâce à ces apparitions régulières dans un émission de petites annonces sur la chaîne CTV. Il y chante toujours la même chanson « Je t’aime le lundi » dans le but de reconquérir le coeur de sa belle. Il obtient, par hasard, un succès national.

Pour de nombreux observateurs, il est le tout premier anonyme à se hisser artificiellement au rang de star grâce à une émission télévisée bien avant l’ère de la télé-réalité. Relativisons ce succès en rappelant qu’Edouardo, vingt ans avant Cindy Sander, n’avait su provoquer qu’un énorme et éphémère éclat de rire médiatique avec son personnage d'italien ringard.

En 2005, loin d’être découragé, l’italien décide d’ouvrir ce qui demeure l’un des blogs les plus pathétiques de la blogosphère française. En prétextant faire un mélange de 1er et de 3ème degré, il y étale l’immense paresse de sa démarche pseudo-artistique à travers une bouillie de photos ratées et de textes abrutis. Pire, le site exhibe avec vulgarité un vagabond en proie à de réelles difficultés financières et psychologiques qui se précipite dans la médiocrité pour reconquérir une improbable célébrité.

C’est après quelques mois de blogging que Frédéric Vignale, bobo parisien dans toute sa splendeur, entre dans la danse et crie au génie incompris. Il fait d’Edouardo son égérie masculine en lui proposant d’être le personnage principal de ses court-métrages. Le blog prend brutalement un nouveau visage en proposant un ensemble de vidéos aux accents faussement intellectuels, à mi-chemin entre les Deschiens et Jean-Luc Godard. On entre alors dans le huitième degré de l'art contemporain qui semble n’avoir d’autre objectif que de flatter l’ego d'un réalisateur luttant contre la fadeur d’une vie embourgeoisée.

C’est également Frédéric Vignale qui éditera le premier livre écrit par Edouardo, à l'occasion de l’inauguration de la collection « People » des Editions « Le bord de l’eau ». Il s'agirait d'un roman auto-biographique qui récapitule, grosso modo, la composition des repas de l'individu pendant sept mois.

Toujours présent dans l’inconscient collectif, Edouardo profite de l'évènement pour réapparaître dans quelques émissions télévisées avant une nouvelle disparition que l’on espère définitive. Le blog n’est plus mis à jour depuis 18 avril 2008.

Voici une vidéo explicite sur l'état d'esprit d'Edouardo, en conformité avec son époque :




La vision de Frédéric Vignale :

vendredi 23 mai 2008

Texte inédit de Rimbaud : Izarra expert en troll ?

Suite à la découverte d’un écrit poétique de Rimbaud, un blogueur nommé Raphaël Zacharie de Izarra est arrivé, à lui tout seul, à ébranler les certitudes des hautes sphères médiatiques. Dans un long article à teneur mégalomaniaque, l'individu avoue être l’auteur de ce qui s’avérerait être un pur canular ayant pris de colossales proportions. Il relaie abondamment son argumentaire sur internet au point que certains médias institutionnels, mal-à-l’aise dans la gestion des trolls, évoquent la possibilité d’une manipulation. En outre, de nombreux blogueurs relaient cet « aveu » de canular sans prendre le temps d’analyser l’information produite.

La démarche est diabolique puisque, quel que soit le dénouement, le blogueur aura atteint son objectif : se hisser au devant de la scène en valorisant sa prose. Si l’écrit est réellement un canular, tous les experts criant au génie de ce texte pourront creuser un trou et y mettre leur tête. Mais cette fin semble peu probable. La verve de l’article a en effet bien du mal à compenser les explications douteuses fournies par le blogueur connu pour ces excentricités. Celui-ci conclut d’ailleurs son billet en rappelant : « Que le document soit un faux ou un vrai, le fait est anecdotique. Je suis là pour une affaire plus essentielle : ébranler certaines certitudes ». Tout est dit.

On retiendra surtout de cette affaire que tous les moyens sont bons pour se faire connaître dans un paysage médiatique profondément bouleversé. Pour reprendre la théorie des netocrates, on pourrait même assimiler la démarche à un véritable coup d’état informationnel qui a pour objet de modifier en profondeur le statut "médiatique" du trublion.

Un article d'AgoraVox ici.
Le Figaro évoque la possibilité d'un canular ici.
Un article de La Tribune de Genève ici.

jeudi 22 mai 2008

[RECTIFICATIF] La blogosphère n’aime plus les bisounours


C’est ce que l’on découvre à la lecture de deux articles ( et ) évoquant les disputes régulières de certaines constellations de la blogosphère féminine.

L’émotion est à son comble.

mercredi 21 mai 2008

La blogosphère aime les bisounours

Cuite à la vapeur ou en civet, la cervelle de Bisounours s'accompagne toujours d'un délicieux Chianti. Qui n'a jamais été charmé par ces blogueuses dégoulinantes de tendresse qui n'ont rien d'autre à exprimer que leur insupportable déséquilibre émotionnel.

mardi 20 mai 2008

Les netocrates, on les pendra !

Eric évoque sur son blog le livre d'A. Bard et J. Söderqvist intitulé "Les Netocrates". L'occasion de revenir sur un concept central qui permet de comprendre pourquoi les mêmes sphères de blogueurs sont toujours au devant de la scène.

La théorie des auteurs est relativement simple : après l'aristocratie et le patronat, elle considère qu'une nouvelle classe sociale prendra le pouvoir au XXIème siècle. Cette classe est constituée de tous les internautes sachant se placer au sein de réseaux numériques sélectifs, sachant anticiper, manipuler et diffuser la bonne information au bon moment et sachant maîtriser les nouvelles techniques de communication. Une élite qui a compris que le véritable pouvoir n'était plus dans la valeur ajoutée de l'échange marchand mais dans celle, toute particulière, résultant de l'échange numérique d'informations.

Comme les auteurs aiment le rappeler, on est donc "très loin du mythe de l’Éden transparent et égalitaire promis par les pionniers d’Internet". Vous savez bien... Ce mythe qui fait croire à tant de blogueurs lambda que leurs méritants écrits ont un quelconque impact dans les esprits !

La réalité est dure. Et transposée à la blogosphère, elle s'applique d'une façon encore plus implacable. Les netocrates, ou blogueurs influents, sont ceux qui ont compris que le succès d'un blog n'était pas dû à la qualité objective du contenu mais à l'application de techniques informatiques, à la mise en place de stratégies de communication parfois agressives et à la construction d'un réseau influent.

Ainsi Mry diffusera, avec malice, un e-mail douteux en anticipant le pic d'audience que la démarche "border-line" allait générer sur son blog. Ainsi Eolas, Versac et Embruns se linkeront régulièrement par copinage afin de rester en haut du classement Wikio. Ainsi, GuiM référencera tous les mots-clés, liens et buzzs croustillants des dernières 24 heures, consolidant ainsi mécaniquement l'audience de son blog. Ainsi Chauffeur de Buzz, entre deux billets substantiels, évoquera la poitrine hors-sujet qui gonflera son audience. Ainsi Gonzague Dambricourt, entre deux billets personnels, saura dénicher les scoops informatiques qui généreront "du lien"... Et ainsi, sur 1000 talentueux "Monsieur Dream", seul un aura l'opportunité de devenir influent par le hasard d'une rencontre avec Loïc Le Meur...

Ajoutons à cela que tout ce petit monde optimise ses réseaux MyblogLog, Twitter, Blog-it Express et Facebook, maîtrise les backlinks, le rss, le css, les pings et autres techniques de référencement... Vous obtenez alors un classement Wikio avec, en tête, une écrasante majorité de techniciens et de commerciaux et une blogosphère un peu naïve qui leurs consacre 95% de son attention.

lundi 19 mai 2008

Kinder, Mry et les dérives de la blogosphère

Mry a décidé de tronçonner sec aujourd’hui ! Il vient de publier sur son blog un e-mail anonyme qu’il cherche « à comprendre ». Un corbeau aurait intercepté des correspondances évoquant des pratiques douteuses au sein de la blogosphère : trois jeunes femmes auraient été grassement rémunérées en échange de la publication d'une note à la gloire de Kinder ! Vues les sommes en jeu, la blogosphère est en émoi : on parle de pécules allant de 150 à 650 euros !

Les commentaires sous le billet d’Mry, accusé de diffuser des informations personnelles, sont sanglants et parfois insultants. Une chose est sure : la démarche des blogueuses fait froid dans le dos. L’idée est de rédiger un soi-disant billet d’humeur qui n’a, en réalité, pas d’autres objectifs que de faire la promotion d’une marque. Sous couvert d’entretenir une complicité avec le lecteur, les blogueuses évoquent leur tendresse pour les oeufs Kinder et répondent ainsi froidement au cahier des charges imposé par le prestataire...

Malhonnêteté, prostitution, supercherie... Les termes ne manquent pas pour évoquer ce genre de pratiques largement répandues au sein de la blogosphère. Ils posent plus que jamais la question de l'honnêteté du blogueur.

La note de Mry est ici. Les billets à la gloire de Kinder sont ici, , mais la liste ne semble pas exhaustive.

samedi 17 mai 2008

Les 35 heures du lapin : sortons la trempette

Lors de cette seconde partie, certains blogueurs ont accepté de se déguiser en lapins roses à l'occasion d'un concert à la gloire de Duracell. On me prend parfois pour un polémiste mais il est difficile de ne pas être consterné face à ce genre de spectacle. Preuve d'un début de malaise, certains invités, ayant mieux à faire, ont tout simplement décliné l'invitation au grand désespoir du chef d'orchestre.

L'après-midi fut également consacré à de longues séances de relaxation avant une soirée "Poker" qui sera peut-être l'occasion de découvrir les caractères des uns et des autres.

35 heures du lapin : R.A.S. après 15 heures

Après 15 heures de marathon, l'expérience de Duracell visant à maintenir 35 blogueurs en vase clos s'avère peu concluante. Aucune personnalité ne ressort de cette fourmillière de jeunes gens bien sous tout rapport. Les jeux et ateliers, sagement executés, se succèdent sans véritable happening, sans véritable émotion. Le manque de motivation est parfois palpable (notamment dans l'atelier de mis en scène). Les animateurs maintiennent l'évènement à température tiède et le brouhaha sonore est quasi-constant.

Comme quoi, il n'est pas nécessaire de mettre face à des caméras des jeunes gens qui n'ont rien d'autre à exprimer que leur conformisme social. Comme quoi, il n'est pas nécessaire de faire des blogs quand on n'a pas d'autres motivations que celle de se montrer face au plus grand nombre.

La suite réservera peut-être quelques surprises...

Les 35 lapins Duracell en piste

Le marathon des blogueurs réunis par Duracell a débuté. La retransmission TV pêche par une absence de micros-cravates. Du coup, les discussions sont inaudibles et il est bien difficile de s'immiscer dans cette banale fête de potaches déguisés en rose.

A noter un article pertinent de Neteco sur le sujet. Celui-ci évoque un parallèle avec le roman de Horace McCoy adapté au cinéma par Sydney Pollack : "On achève bien les chevaux". Rappelons que le sujet de cette oeuvre, qui met en scène d'interminables marathons de danse, est l'exploitation de la misère humaine par le monde du show-biz.

Duracell cultiverait-il aussi ce second degré ? Avouons que ce serait alors nettement plus drôle...

jeudi 15 mai 2008

Eolas et Sa Cour

Attendu que le droit français et sa jurisprudence s'avèrent être un mille-feuilles fourmillant d’imprécisions et de contradictions destinées à donner du travail aux avocats et aux députés et non plus à réguler des rapports sociaux ;

Attendu que les ramifications tentaculaires et cannibalisantes du droit français aveuglent le citoyen quant à la pertinence morale de ses actes ;

Attendu que l’écrasante majorité des juristes s’écoutent raisonner plus qu’ils ne communiquent ;

Attendu que le sel de la vie ne saurait se trouver dans cette suspicieuse masturbation intellectuelle qui consiste à évaluer si le citoyen respecte, ou non, l’ensemble des règles et procédures légales censées régir des rapports humains ;

PAR CES MOTIFS : REJETTE le tronçonnage du blog de Maître Eolas et renvoie le lecteur au billet sanglant du Toreador.

mercredi 14 mai 2008

35 heures, 35 blogueurs, 35 neurones ?

Afin de fêter l’anniversaire de sa marque, le célèbre fabricant de piles Duracell sous-traite une opération marketing qui peut faire couler beaucoup d’encre. A cette occasion, l'entreprise Passage-Piéton réunit trente-cinq blogueurs dans un lieu « secret » pendant 35 heures. L’un des objectifs est de ne pas dormir. En jetant un oeil sur le site officiel, on découvre que le concept ressemble à l’émission « Loft Story », l’habillage est celui de la « Star Academy » et les interviews sont pompées sur « Le Grand Journal ». Autant dire que la créativité est au rendez-vous.

Quoiqu’il en soit, cette expérience de laboratoire aura le mérite de maintenir en vase clos un échantillon de blogueurs voués corps et âme à une marque. Dans l’histoire de la blogosphère, c’est la première fois que l’on arrive à un tel niveau de cynisme commercial. De nombreuses épreuves jouant sur l’image du produit sont ainsi prévues. Enfin vue la teneur des interviews présentées sur le site, les téléspectateurs devraient assister à un grand moment de sous-culture.

Affaire à suivre ici.

vendredi 9 mai 2008

Quand les prix bas s'en M.E.L. !

Quelles compétences exceptionnelles faut-il pour être à la tête d'une des plus puissantes enseignes de distribution au monde ? Aucune mon Général ! Il suffit d'être le fils de son père ! Paré de son plus beau sourire, Michel-Edouard l'a bien compris : il se contente de réciter sagement la leçon familiale en remerciant Dieu d'avoir fait de lui un Leclerc.

Pour ce faire, et fort de son statut d'héritier, le chef d'entreprise a ouvert en septembre 2004 un redoutable outil marketing à la gloire du patrimoine familiale. Il s'agit d'un blog personnel intitulé "De quoi je me M.E.L." dont le but officiel est d'établir un débat d'idées avec les lecteurs.

Évidemment, nous éviterons la diatribe anti-capitaliste surannée qui reviendrait à jeter le petit attardé avec l'eau du bain. Michel-Edouard propose ici d'échanger des idées, ce qui constitue un signe de démocratie inespéré dans un secteur d'activité qui ne réfléchit qu'en terme de rapports de force. Il serait dommage de ne pas tendre la main.

Par contre, il est intéressant de voir comment se construit le fameux blog. L'argument imparable de Michel-Edouard est la défense des "prix bas". Dans le blog, ce mot est répété indéfiniment jusqu'à l'usure. Pour les Leclerc, les "prix bas" constituent l'espèce en voie de disparition majeure du XXIème siècle, le grand danger qui fait courir le monde à sa perte. Malgré quelques éléments qui tendraient à faire penser l'exact contraire, il est inutile de vouloir contredire le fiston : cela vient de papa et de l'après-guerre où l'on mangeait des cailloux au petit-déjeuner.

Une fois cet argument des "Prix bas" posé, tout n'est ensuite qu'une question de logorrhée et d'emballage. Une note très technique par-ci ("réservée aux professionnelles du secteur"), une note sur la B.D. par-là. M.E.L. est un grand fan de bandes-dessinées. Surtout les jours où la Grande Distrib' fait la une du 20 heures pour cause de pratiques scandaleuses.

Parfois, prenant des airs indignés, l'homme se lance dans de longs argumentaires douteux qui évitent systématiquement d'aller au coeur du problème. Les techniques utilisées s'avèrent alors extrêmement révélatrices d'un secteur d'activité qui s'articule autour de la manipulation (des clients, des fournisseurs, des régulateurs de marché... et des lecteurs !).

Tantôt il s'appuiera sur la n-ième enquête "faite maison" qui, comme par hasard, s'oppose diamétralement à celle diligentée par l'UFC-Que Choisir. Tantôt M.E.L. attaquera de front l'attitude de ses opposants en misant sur l'émotionnel pur. Enfin, une des techniques préférées de l'héritier est de noyer le poisson en insistant longuement sur l'infime partie du problème qui serait à mettre au crédit de son enseigne.

Ce blog est-il alors un objet de propagande ? Non. Encore une fois, la démarche est louable et les commentaires rééquilibrent considérablement les analyses partisanes qui y sont présentées. Ce site est simplement révélateur d'un secteur d'activité schizophrène, passéiste et refusant de considérer les solutions de développement durable autrement que comme des gadgets marketing. Et le sage M.E.L. dans tout ça ? Sa culture familiale et professionnelle est telle qu'il s'interdit de prendre de la hauteur par rapport à la folle machinerie à la tête de laquelle il se trouve. Au risque de précipiter toute une économie dans des pratiques commerciales désuètes et irresponsables.

Son blog est à lire ici !

mercredi 7 mai 2008

Resse, as des idées noires

Longtemps perçu comme le grincheux de la blogosphère, Hervé Resse passe la vitesse supérieure. Depuis quelques semaines, il semble en effet de plus en plus à l’aise dans le costume naphtalisé de « vieux con du web ». Ce costume est réservé au blogueur dont le mode de pensée daté permet de se complaire dans des jugements à l’emporte-pièce type « c’était tellement mieux les Beatles ».

Vous pouvez vérifier cette évolution par vous-même ici. Méfiez-vous, depuis qu'il est socialement réinséré, l'anarchiste écrit très bien.

samedi 3 mai 2008

Cindy Sander, sans âme et sans reproche

Evidemment, quand je découvre que Cindy Sander a un blog, je me dis que la provocation ne vient pas de moi mais des producteurs de M6 qui, depuis quelques semaines, ont décidé d'investir dans le baleineau.

Rappel des faits : Cindy Sander s'est faite violemment recaler de La Nouvelle Star alors que les producteurs de l'émission lui avaient vivement conseillé d'en faire "des tonnes" pour avoir une chance de se qualifier. Quelques jours plus tard, Yann Barthès évoque la chanteuse dans son "Petit Journal People" sur Canal +. Cindy Sander, ses gestuelles grotesques et son look 90's deviennent alors un phénomène médiatique. L'ensemble des télévisions, visiblement en mal de sujets à sensations fortes, comprend qu'il tient un énorme poisson (un baleineau) et lui déploie le tapis rouge.

La chanteuse ne perçoit pas que c'est bel et bien sa ringardise qui est à l'origine de ce retour en force. Ou plutôt, son raisonnement de cétacé ne va pas jusque là. Constatant l'éclat de rire général, M6 pousse le cynisme mercantile jusqu'à lui proposer d'enregistrer un single ("Papillon de Lumière") et la faire chanter dans l'émission de La Nouvelle Star.

En parallèle, la chanteuse ouvre un blog afin de nous "raconter au quotidien tout ce qu'elle vit en ce moment". On en salive d'avance. Le site n'a que quelques jours mais tape très fort. A peine entré dans l'univers édulcoré de Cindy, la grossière intro sonore agresse littéralement les oreilles du visiteur qui, au bord de la crise d'épilepsie, se fige devant le visage pornographique de la dinde encastrée dans sa bannière.

Après quelques instants de récupération, la poignée de notes propose effectivement une plongée assez violente dans la vie trépidante de la grosse dame. Les posts, en prose et soigneusement centrés, sont visiblement écrits par Cindy elle-même : ils ne dépassent pas six lignes et évoquent des émissions télés "vraiment supers" où elle est "très contente". Il y a du Cali dans les émotions de Cindy.

Il n'est donc pas utile d'épiloguer sur ce lieu de pseudo-propagande qui réinvente la notion de vide artistique. Seule une rubrique du blog n'est pas à jeter : le livre d'or qui, bien que modéré, édite de nombreux messages d'attaque contre la chanteuse. Une mention spéciale pour la déclaration d'amour de Glooby : "Quand je lis ton son, sans le faire exprès, j'ai l'impression que mes enceintes sont foutues".

Quel est donc la morale de cette triste histoire médiatique ? Que la faillite intellectuelle est telle que tous les coups deviennent permis. Jusqu'à l'indécence de traîner dans la boue une jeune fille qui, figée dans un anonymat bien mérité, conservait jusqu'alors un minimum de considération.

Son blog est ici.

jeudi 1 mai 2008

An'US, blogueuse influente

Impossible de passer à côté de cette excellente parodie qui fait actuellement son trou dans la blogosphère !


Annabelle, 26 ans, blogueuse influente from Bobby Freckles on Vimeo